CHAPITRE 1 :
Je m’appelle Lucas Boiran. Je suis en seconde 4 au lycée Charlemagne. Et je suis amoureux de cette fille.
Elle est dans ma classe. Toujours bien assise, le dos droit. On remarque du premier coup d'oeil qu'elle ne vient pas de “notre milieu”. C'est la plus intelligente de la classe, et peut-être même des secondes. Elle passe son temps à dessiner. C'est une artiste. Elle tient son crayon d'une bizarre façon : il repose sur son index. Ainsi, elle le laisse courir sur le papier, noircissant des dizaines de feuilles blanches toutes les semaines. Parfois, elle semble se souvenir qu'elle est dans une salle de classe, relève la tête et fixe le tableau, les yeux dans le vague. Lorsque personne n'a la réponse a une question, elle lève la main, son bras bien droit. Sa main est couverte de gribouillis la plupart du temps. Quelques fois, c'est un rosier qui enlace son poignet, d'autres jours les paroles d'un poème, ou d'une chanson peut-être, recouvrent sa peau. Elle va alors droit au but, expliquant précisément ce qui était demandé. Sa voix n'a pas besoin d'être forte car tout le monde se tait pour écouter ses réponses. Dès les premiers jours, nous avons su que ses paroles étaient pour nous aider. Certains élèves lui posaient des questions sur les leçons, préférant ses explications à celles des professeurs. Après son intervention, elle se mettait à jouer avec une mèche de ses cheveux ou avec son stylo jusqu'à ce que l'attention qu'on lui portait s'évanouisse. Alors, elle se remet à dessiner.
Elle ne porte que des robes et des jupes. Je ne l'ai jamais vu porter de jean. Ce qui me convient parfaitement. A ses tous petits pieds, il y a souvent des ballerines. Quelques fois, des Converses. Ses ongles sont toujours bien entretenus. Parfois, elle se peint les ongles de toutes les couleurs. C'est joli.
J'aime tout particulièrement son visage, entourés de ses beaux cheveux. Longs, ondulés et châtains. Elle relève sa frange avec une petite pince rose, dont s'échappe très souvent des mèches de cheveux. Elle a de très beaux yeux en amandes, verts, ourlés de longs cils. Quelques tâches de rousseur s'éparpillent sur son nez et ses pommettes. Ses lèvres sont rouge vif. J'avais remarqué sa tendance à se les mordiller, en fronçant les sourcils, lorsque qu'elle n'arrive pas à dessiner telle partie de tel dessin. A ces moments, je la trouve encore plus belle.
D'ailleurs sa beauté lui avait attiré les faveurs des gens qui se disaient “populaires”. Mais sa répartie et son intelligence l'éloignèrent rapidement de ces personnes. Elle est maintenant amie avec un groupe de filles qui m'est sympathique. Je la vois très souvent rire aux éclats avec ses amies. J'adore son sourire. Cela faisait quelques mois que nous étions maintenant en seconde et je n'avais toujours pas osé lui adresser la parole. Je ne savais même pas si elle me remarquait. Un jour, j’en parlai à mon meilleur ami...
CHAPITRE 2 :
“ Hé, Lucie !”
La dénommée Lucie se retourna, son téléphone à la main. Elle leva un sourcil blond en tapant son message.
“On mange ensemble ce midi ?”
La blonde fit un sourire et s’avança vers nous.
“Bien sûr ! Vous serez combien ?”
Mathieu, mon meilleur ami, lui indiqua que nous serons trois. Lucie compta alors rapidement sa bande de copines, qui comprenait la fille de mes rêves. Nous serions donc huit filles et garçons, nous apprit Lucie. Elle alla annoncer la nouvelle aux filles. Je pris mon “ami” par le coude et l’emmena vers un autre couloir.
“Je ne t’ai pas dit ça pour que tu me fasses manger en face d’elle !”
J’étais énervé. Je venais de lui avouer ma fascination pour cette fille et voilà qu’il organisait, comme par hasard, un déjeuner avec elle et ses amies. Matt leva les mains en signe d’apaisement.
“Je voulais juste t’aider Lucas ! Tu verras, ça se passera très bien, vous pourrez parler un peu.”
Je grognai, mais j’étais heureux qu’il ait fait ça pour moi. Nous partîmes en cours, il restait deux heures avant d’aller déjeuner. Pendant ces deux heures de français, je passai mon temps à observer l’objet de toutes mes pensées.
La cloche sonna. Matt, Maxime et moi rangions nos affaires et sortirent rapidement. Les filles nous rejoignirent quelques minutes plus tard. Je n’osais pas regarder la plus jolie d’entre elles, alors je papotais avec Lucie, que je connaissais depuis la primaire. Au self, nous trouvâmes une table, et je m’installai à côté de Mathieu et Lucie. J’étais soulagé d’avoir trouvé une place entre des personnes connues et de ne pas être déstabilisé par sa présence à mes côtés. Mais mon soulagement ne dura que peu de temps. Je vis un plateau se poser en face du mien et leva les yeux. C’était elle. Elle se laissa tomber sur sa chaise, enleva sa veste et regarda son plateau d’un air dégoûté. Alors que je la fixais, elle me sourit en soulevant les sourcils. Je devais avoir l’air d’un imbécile.
“Ca m’a l’air immonde.” déclara t-elle.
Sa copine à côté d’elle rit en approuvant. Mathieu leva les yeux au ciel et soupira:
“Ha, ces filles !”
Fronçant les sourcils, ma belle brune le regarda.
“- On se connaît ?”
Mathieu bafouilla, visiblement troublé par la question. Il rougit, s’emmêla les pinceaux et prononça un “Je suis dans ta classe” pas très clair. Les filles éclatèrent de rire.
“Je plaisantais ! expliqua t-elle en cachant son sourire derrière sa main. Ca serait franchement bizarre de ne pas connaître une des personnes de ma classe. Ca fait trois mois qu’on est coincés dans la même salle de classe huit heures par jour !”
Mathieu sourit et commença à engloutir son repas. Moi, je n’osais pas. En plus, ça manquait de sel, mais je n’en avais pas. J’étais perdu dans mes pensées, toutes dirigées vers Caitlin. Je ne vous avais pas dit son prénom, je crois. Voilà qui est fait. Son prénom est aussi raffiné qu’elle. Coupant court à mes pensées, je vis une main barbouillée passer devant mes yeux. Relevant le visage, je m’aperçus que c’était Elle, me souriant.
“Tu dors ? Ou tu trouves le courage d’avaler cette nourriture ?”
J’indiquai par une grimace que la deuxième solution était la bonne. Elle me tendit son paquet de sel.
“Mets le paquet, ça améliore un peu le goût.”
Je fis comme elle disait et me forçai à avaler malgré que je n’ai absolument pas faim. J’étais heureux que son beau sourire me soit adressé.





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